Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 00:21

Les taques de la chaussée où je bosse

Se soint données l'mot, je suis à bout de force

 

En accord avec les pavés voisins,

Elles s'amusent à faire sonner l'tocsin

 

Même les pierres des seuils qui les escortent

Sont de mèche avec elles, ainsi que leurs portes

 

Comme des termites, comme des chacals,

Des pieuvres ou des Belzébuth(e)s en cavale,

 

Guidées par une suspension relative,

Jamais, au grand jamais, elles ne se privent

 

De me harponner, de m'saquer, par derrière

Et de jouer au ping pong avec mes nerfs

 

Ces furies, ces mégères jamais en reste

Me dragu'raient-elles en m'infligeant leur test ?

 

Comptent-elles m'expédier à toute vapeur

Vers les limbes ou vers d'autres profondeurs ?

 

Là où un Cyclope ou Cassiopée

Décideraient de mon sort à tout jamais

 

Les taques de la chaussée où je bosse

Se sont données l'mot, je suis à bout de force

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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 00:17

 

Tiens ! Un parasol orne la pharmacie.

 

Tiens ! Catherine est passée ... et sa permanente lui va bien.

 

Tiens ! Un vélo m'a salué.

 

Tiens ! La dame du snack de la gal'rie est sympa.

 

Tiens ! Un corbeau (ou une corneille) vole.

 

Tiens ! Une pote m'a fait entendre du reggae.

 

Tiens ! Le café est bon.

 

Tiens ! J'irai p'têt à vélo, tantôt.

 

Tiens ! J'ai trouvé la force, le coeur et l'élan de poster une lettre gentille, sincère, pleine d'amour ... ce matin.

 

Tiens ! Y a du rose sur le CD, là, sur la table.

 

Tiens ! Une bien aimée, dans la même ville peut-être, dans le même coin peut-être, pense à moi.

 

Je le dis, le redis, le répète ...

 

Entre l'instant où on se lève et celui où on se couche ...

 

Si on juxtapose, une à une, bout à bout, toutes les images/seconde qui sont autour de nous, qui nous parviennent, qui entrent, instant après instant, dans notre cerveau, notre caméra interne, notre cellule photographique, notre disque dur ...

 

Si on établit (ou rétablit) une balance ...

 

Y a beaucoup plus de scénarios heureux que de malheureux ...

 

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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 00:10
O tendres habitudes, dames d'arrière-cours
Heureux témoins de ma vie de tous les jours
Voyages ordinaires, rivages quotidiens
Je me repose en vous et je vous appartiens
Mon oreille droite appuyée chaque soir sur l'oreiller
Mon éternelle dent d'sagesse que je retouche sans cesse
Le loquet toujours fermé avant nos câlins sacrés
Les bouquins relus cent fois dans les bistrots ou chez toi
O tendres habitudes, dames d'arrière-cours
Heureux témoins de ma vie de tous les jours
Voyages ordinaires, rivages quotidiens
Je me repose en vous et je vous appartiens
Les nobles petites dames sur lesquelles je phantasme
Le temps d'un flash, d'un frisson, quelle que soit la saison
Les paysages champêtres, les rangaines dans ma tête
Qu'en sourdine, je m'répète comme une musicassette
O tendres habitudes, dames d'arrière-cours
Heureux témoins de ma vie de tous les jours
Voyages ordinaires, rivages quotidiens
Je me repose en vous et je vous appartiens
La Grand'Place de Bruxelles où je traîne mes semelles
Les kilomètres à pied parcourus les yeux fermés
Et le brouillard qui m'enivre, lorsque mon coeur, plein de givre,
Entretient ses scénarios dans les stations de métro
O tendres habitudes, dames d'arrière-cours
Heureux témoins de ma vie de tous les jours
Voyages ordinaires, rivages quotidiens
Je me repose en vous et je vous appartiens
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 00:09

Rue d'Alsace-Lorraine

Miroir de souvenirs

D'un quartier de Bruxelles

Ennuyeux à mourir

Ponctuell'ment, je passe

Par tes quartiers perdus

Où le temps file et passe

Plus vite que prévu

 

Les murs gris fissurés

Les restos africains

Entre la rue d'la Paix

Et celle de Dublin

Font toujours écho aux

Feux rouges, aux djellabahs

Et aux façades en trop

Qu'on démolit parfois

 

Le bureau de chômage

Et l'centre de guidance

Font toujours bon ménage

Ou ... gardent leur cadence

Des femmes, dans l'brouillard,

Traînent toujours leurs moufflets

D'autres voix en pétard

Hurlent : "Sale société !"

 

Rue d'Alsace-Lorraine

Miroir de souvenirs

D'un quartier de Bruxelles

Dont j'ignore l'avenir

Monsieur Dendlapin traîne

Toujours son vieux vélo

Fidèle à lui-même

Je lui tire mon chapeau 

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Mardi 16 novembre 2010 2 16 /11 /Nov /2010 22:10

 

Une cigarette aux lèvres

Un vieux cartable en main

Elle se pointait vers

Huit heures du matin

Une pince fixait

Une tresse dans ses cheveux

Au loin, on la r'pérait

Celle qu'on app'lait la bleue

 

Quand elle entrait en classe

Elle s'asseyait toujours

Sans bruit, à la même place

Et elle suivait le cours

De physique ou d'anglais

Sans accorder un r'gard

Vers les autres, plongés

Dans l'étude ou l'chambard

 

Elle venait tout droit

Des bords de Meuse, où

Les citadelles, je crois,

Trônent un peu partout

Où l'chevalier Bayard

Avait même légué,

Un jour, en héritrage,

Un somptueux rocher

 

Ses grands yeux, par défiance,

Semblaient crever le ciel

Et son mètre soixante

Valait cent Tours Eiffels

Sur son front, des rivières

SOrtaient du creux d'leur lit

Et le vent, sur ses lèvres,

Tourbillonnait aussi

 

A son cou, elle portait

Une petite croix blanche

Taizé, Orval étaient

Ses glorieuses références

Elle aimait Freud, l'encens,

Mozart, Branduardi,

Une bière de temps en temps

Et les robes fleuries

 

Heurtante, déroutante,

Envers ceux qui l'aimaient

Et parfois conciliante

Envers ceux qu'elle fuyait

Jusqu'où cultivait-elle

Le plaisir intrigant

De se rendre lointaine

Etait-ce inconscient ?

 

Et pourtant, comme c'est drôle,

Quand j'retourne en arrière

Sur les bancs d'une école

Egarée sur la terre,

Où régnait une bleue

Et ses enchantements

Si uniques à mes yeux,

Je devine, en passant

 

Qu'à l'époque, d'autres fées

Valaient autant l'détour

Sur les ch'mins escarpés

Du rêve ou de l'amour

Etais-je alors naïf,

Aveugle dans mes choix,

Malhabile, romantique ?

Devais-j' passer par là ?

 

Une cigarette aux lèvres

Un vieux cartable en main

Elle se pointait vers

Huit heures du matin

Une pince fixait

Une tresse dans ses cheveux

Au loin, je la r'pérais

Celle qu'on app'lait la bleue

 

 

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